Le reggae est apparu à la fin des années 1960. Il est le fruit de nombreuses rencontres et de métissages : évolution du ska et du rocksteady, il trouve ses racines dans les musiques traditionnelles caribéennes comme le mento et le calypso, mais est aussi très influencé par le rythm&blues, le jazz et la soul music. À ces influences s'ajoute celle de musiques africaines, du mouvement rasta et des chants nyabinghi, qui utilisent les Burrus africains (tambours) apportés par les esclaves en Jamaïque. Ce métissage ne s'arrêtera pas là: aujourd'hui nombre de styles s'inspirent, intègrent ou reprennent le style reggae de par le monde. Le reggae est aujourd'hui une musique universelle, comme le souhaitait celui qui fut son principal ambassadeur, Bob Marley.
Si le terme apparaît vers 1973 dans la presse occidentale, son origine est obscure. Il pourrait venir du mot d'anglais jamaïcain, "streggae", qui désigne une personne mal ou trop peu habillée, ce mot aurait été modifié par une radio jamaïcaine de l'époque . D'autres explications existent, comme celle qui en fait la contraction des expressions “regular guy”, en somme une musique faite pour “l'homme de la rue”. Pour le chanteur Bob Marley, le terme aurait des racines espagnoles et désignerait la « reine des musiques » (« la musica del rey »). Selon d'autres sources, il serait la contraction et l'altération du terme anglais « raggamuffin » (littéralement « va-nu-pieds ») ou peut-être de rege-rege « querelle ». Autre hypothèse, « reggae » désignerait une tribu de langue bantou originaire du lac Tanganyika. Derrière toutes ces étymologies possibles, se dessinent les particularités d'un genre musical fait d'héritages, de brassages, d'appropriations et de confrontation à la dure et rugueuse réalité. Enfin, dernière explication, le terme « reggae » découlerait de la spécificité de son rythme - «a ragged rythm» un «rythme déguenillé» ou «irrégulier».
Tout aussi problématique est la question de la paternité du reggae en tant que genre musical proprement dit ; paternité qui, contrairement contreversée : certains attribuent le premier disque de reggae aux Maytals avec Do the Reggay en août 1968. Cependant, si Toots est certes le premier à utiliser le mot "reggae" dans une chanson, d'autres morceaux au tempo un peu plus rapide que le rocksteady ont déjà préfiguré le style au cours de l'année 1968.
Cette première phase d'évolution du reggae, que l'on qualifie de période du "early reggae", est caractérisée par un tempo plus rapide, et l'accélération du jeu à contretemps déjà présent avec le ska et le rocksteady. Puis le tempo ralentira, la basse se fera plus lourde encore, mais le reggae gardera cette base rythmique basse/batterie prédominante et ce mouvement chaloupé qui lui est propre.
Le reggae peut-être caractérisé par :
* généralement, l'utilisation de la guitare basse, de la guitare électrique, de la batterie, et du scraper qui vient en fin de mesure, et qui accompagnent des chants lourds d'émotion et qui souvent, expriment le rejet pour une "culture dominante".
* son rythme four beat, binaire, assez lourd, avec l'accent par la basse et batterie les temps faibles, en particulier troisième temps,
* ce que l'on qualifie souvent de contretemps, car ses accords se retrouvent sur le second et quatrième temps - marqué la guitare rythmique ou le clavier.
* Caisse claire sur le 3e temps.
* De 1975 à 1980, le roots perdure sous une nouvelle forme: le rockers. Il est caractérisé par des coups de charleston vifs et saccadés. Il survient après le flying cymbal, style caractérisé par deux coup de charleston sur les 2eme et 4eme temps (contretemps rythmique) tssss-tssss.
* A partir des années 1981-1982, un nouveau style de batterie qui a perduré jusqu'à aujourd'hui règne en maître: le early dancehall. Il s'agit d'un balancier binaire grosse caisse (1er temps) caisse claire (3e temps).
La guitare: elle est toujours électrique (très rares exceptions) et l'effet utilisé est absolument crucial. Les très rares cas où une distorsion rock est utilisée se sont soldés par des échecs au niveau du résultat. Le son doit être rond et doux, tout en gardant son groove. Le skank est parfois doublé par un mouvement d'aller-retour rapide ou par l'utilisation d'une boîte analogique à écho ou delay. Souvent, une deuième guitare est posée en parallèle à la guitare rythmique et pose des accords mélodiques, parfois un solo discret, sur le riddim.
La basse: Les basses reggae sont électriques et ont plus de liberté mélodique. Elles utilisent les fréquences les plus basses et apportent un effet alourdissant volontairement le riddim. La guitare basse forme le noyau central du riddim avec la batterie. Les lignes de basses les plus marquantes sont simples mais jouées avec une précision absolue afin de maintenir une rythmique marquée au travers des accords. Les accords sont bien distincts, avec une assez grande amplitude dans les notes choisies, les fréquences très basses étant plus difficilement distingables par l'oreille humaine.
Les cuivres: dominant durant le ska, presque absents du rocksteady, ils reprennent place avec le reggae. Ils marquent parfois le skank mais remplacent plutôt l'espace occupé par l'orgue au début des années soixante-dix: intro et refrain.
L'histoire du reggae est indissociable de celle des sound systems. Souvent lié à l'industrie phonographique locale et comparable à une sono mobile, le sound-system désigne à la fois le matériel utilisé, l'équipe qui l'anime et la soirée elle-même.
Toute musique produite en Jamaïque est diffusée en sound-system et les disc jockeys (DJ) animent les danses depuis les années 1950. Pour des raisons économiques ces soirées, qui diffusent de la musique préenregistrée, remplacent les orchestres. Les DJ y pratiquent le Toasting pour introduire les morceaux. On trouve ici les racines du Rap. Les sound-systems sont donc de grands rassemblements festifs, en plein air qui attirent une large frange de la population jamaïcaine, en particulier celle des quartiers pauvres de Kingston, la capitale.
L'évolution du reggae
Dès sa naissance, en Jamaïque, le reggae évolue :
* 1968 - 1970 : le early reggae : tempo rapide, dû aux influences du mento local encore très rythmé, prédominance de la basse
* 1970 - 1976 : le one-drop : tempo medium, rythme plus lent, baterie sur le 3e temps
* 1977 - 1980 : le rockers parfois décliné stepper avec les 4 temps frappés à la batterie, ajoutant du tonus.
* 1981 : le early dancehall ou rub-a-dub : tempo lent, prédominance de la basse et de la batterie
* 1985 : le early digital : rythmique rapide, entièrement composé sur boîte à rythme
C'est à partir de 1973, avec le succès de Bob Marley & The Wailers puis d'autres groupes comme les Gladiators et Black Uhuru que le reggae prend une dimension internationale. Dès lors, il pourra non seulement continuer à évoluer en Jamaïque, mais aussi reprendre son métissage à travers le monde.
On voit apparaître les premiers sound system en 1940 : une sono embarquée dans un camion, faisant le tour de la Jamaïque. Un sound system est constitué d'un selecter: programmateur qui choisit les musiques pour faire bouger, et du toaster (DJ). Les premiers sound systems sont très rudimentaires : une platine, un amplificateur et deux enceintes. Le milieu des sound system est très rude, et la concurrence féroce envoie souvent des hommes de mains sacager les sound "adverse": on arrache les étiquettes des disques, détruit le matériel, etc . Vers la fin des années 1950, le courant recule aux USA et les selecter ont beaucoup de mal a s'approvisionner en disques. Ils se tournent alors vers l'industrie du disque locale.
Encourageant la foule ou commentant le quotidien dans les sounds, les toasters utilisent un phrasé original parfois proche de la psalmodie, entre parler et chant mélodique. Cette pratique, le "talk over" est à l'origine du rap.
Les sound systems sont plus que présents de nos jours, et on y écoute tous les styles: Dub, Dancehall, Roots, Nu roots, UK style, Rub-a-Dub, etc.
Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Reggae
