Le rap devient visible en France à partir de 1984 en étant diffusé par les nouvelles radios libres, puis par la télévision, notamment avec l'émission H.I.P. H.O.P. présentée par Sidney sur TF1.
Le hip hop devient rapidement très populaire en France, cependant les jeunes français se portent alors plus vers la danse, appelée à l'époque le « smurf ».
C'est à la fin des années 1980 que le rap français apparaît avec les premiers freestyles de NTM, assAssin, MC Solaar en direct dans l'émission Deenastyle sur Radio Nova. Le rap français naît donc avec un ton revendicatif et des textes évoquant le racisme, la précarité, le chômage ou la violence ; des thématiques plus inspirées de Public Enemy que du rap festif. C'est surtout avec des compilations que le rap français va éclore. Les succès de Peuples du monde de Tonton David et Bouge de là de MC Solaar marquent une nouvelle étape dans la banalisation du rap, qui sera consacrée avec Le Mia de IAM et La Fièvre de NTM, rappeurs engagés auxquels ces morceaux festifs permettront de gagner une notoriété nationale.
Au milieu des années 1990, le succès retentissant de rappeurs provocateurs et revendicatifs issus des banlieues, dans lesquelles ils officient depuis des années, est l'occasion d'un débat sur les conditions de vie dans cet environnement. Le coup de projecteur médiatique n'apporte malheureusement aucune solution et l'échange entre les banlieues représentées par les rappeurs et la classe politique tourne au dialogue de sourds. Le mouvement hip-hop est profondément ancré dans ce milieu social et le rap est la première expression musicale qui en est issue. Son succès provoque un véritable phénomène de société : la jeunesse des banlieues redécouvre le plaisir de jouer avec la langue de manipuler les mots, les sons et les sens. Le rap devient une porte vers la réussite et la célébrité.
Le rap hardcore survit avec une musique plus violente et des textes décrivant le vécu des jeunes de banlieue avec des groupes comme le Ministère A.M.E.R. et Tout simplement noir .
Le rap connaît alors un nouvel engouement auprès du grand public et de nouveaux groupes apparaissent comme Arsenik, la Fonky Family ou Ménage à 3.
À la fin des années 1990, le rap devient un courant musical majeur en France notamment grâce à la médiatisation assurée par la radio Skyrock. Dès 1992, MC Solaar remporte la victoire de la musique du meilleur groupe de l'année ; en 1998, IAM gagne celle du meilleur album de l'année avec L'École du micro d'argent, et, dès l'année suivante, une catégorie « album rap ou groove » est créée. Beaucoup d'argent est en jeu et on assiste à l'apparition d'un rap business tout comme aux États-Unis. Toutefois un style proprement français se développe qui se détache du modèle américain. La France devient la deuxième scène mondiale de rap.
En marge de cette médiatisation, des rappeurs aux textes conscients et parfois révolutionnaires sortent des albums, notamment à travers le collectif Time Bomb créé en 1995 par DJ Mars et DJ Sek.
Même s'il est fréquent que les artistes évoluent d'un « genre » à l'autre, voire mélangent les « styles » au sein d'un même album, y dévoilant une certaine richesse et hétérogénéité, dès le début des années 1990 on peut distinguer quelques "constantes" dans le rap français.
Le rap conscient
Chronique de la vie sociale, cet aspect du mouvement tend à dénoncer ce que ses interprètes perçoivent comme des injustices tout en responsabilisant son public. Se considérant comme des porte-voix des groupes sociaux-culturels dont ils sont issus, ils s'adressent à tous. Ces artistes abordent des thèmes pouvant être très vastes (oppression, écologie, injustice, racisme, immigration, émergence de l'extrême droite, problèmes d'identité...) se rapprochant par là de la devise aux sources du Hip-Hop : Peace, Love, Unity...and Having Fun. Les rappeurs phares de ce style sont NTM, IAM, MC Solaar, la Fonky Family, assAssin. D'autres nouveaux groupes émergent dans cette mouvance musicale Il ne faut pas sous-estimer l'importance de certains rappeurs dans l'évolution de la société française au sujet de certains sujets sensibles, voire quasiment tabous avant les années 1990, comme le passé esclavagiste et/ou colonisateur de la France.
Notons d'ailleurs que certains groupes, du fait de cette prise de distance d'avec la France, revendiquent l'appellation "rap de fils d'immigrés", la préférant à celle de "rap français", vécue par eux comme une récupération de leur talent artistique par un pays dont ils n'ont de cesse de dénoncer l'hypocrisie. Sont notamment dans ce cas La Rumeur, Casey, Anfalsh... Kery James est considéré comme celui qui maîtrise le mieux ce type de rap
Le rap hardcore
Plus cru au niveau des textes qui évoquent le vécu des "jeunes de banlieue", ou le rejet des valeurs établies, le rap hardcore est assez peu présent dans les grandes maisons de disques et se développe plutôt sous la forme de "mixtapes" ou de "street-albums" enregistrées dans des studios indépendants.
Très critique et revendicatif, il rejette le système social et économique avec des propos parfois extrêmement violents. Particulièrement agressif vis-à-vis de la police et de certaines personnalités politiques, on trouve parmi ses rangs des rappeurs comme Tout simplement noir, Alibi Montana, Empathik, Explicit Samouraï, LIM, Poison, S.k-94, Ministère A.M.E.R., R4, Serval m.c, 2-Zer, Missan, Alpha 5.20, Latroce, Sefyu, Tandem, Ol' Kainry, Monsieur R, Mafia K'1 Fry, 113, Rohff, Escobar Macson, NTM Casey, Seth Gueko, La Conecta, 45 terroriste, 800 industriels, Karl'1, Denver, Zeler, 51sang, Salif, Alkpote
Le rap alternatif
A la fin des années 90, parallèlement à l'apparition de la radio Skyrock et la décadence des plus grands tels que Supreme NTM, plusieurs rappeurs font preuve d'originalité, avec de nouvelles sonorités, mélangeant les styles de musique, inventant de nouveaux concepts et de nouvelles façons de rapper.
Les précurseurs sont Lone et Busta Flex. Sly the Mic Buddah, OFX, Explicit Samouraï et Sir Samuel forment au même moment le collectif Saïan Supa Crew, dont certains refuseront de coller l'étiquette de rap, malgré les performances des MCs qu'ils resteront jusqu'à aujourd'hui, à cause de leur ouverture sur tous les styles de musique: Soul, Funk, Bossa, Zouk, Reggae, Ragga, Jazz, Rock. Les rappeurs de La Caution mélangent quant à eux leur flow particulier à de la musique à tendance plutôt électronique, tout en gardant un véritable esprit rap.
Ainsi on peut présenter le rap alternatif comme un rap ouvert sur le reste de la musique, touchant ainsi un large public d'une manière différente des groupes radiophoniques, préférant l'esprit underground de la scène musicale française.
Aujourd'hui, le rap alternatif est représenté aussi bien par des MCs aux textes obscurs: L'Atelier, travaillé comme MC Patarovic, la nouvelle tendance étant le retour à l'utilisation d'instruments pendant les concerts: Des groupes comme Sniper ont adopté ces façons de jouer en live.
Les groupes représentant ce mouvement sont Saïan Supa Crew, La Caution, Lone, Klub des Loosers, L'Atelier, Hocus Pocus, Svinkels, Ministère des Affaires Populaires, James Delleck, Triptik, Grems Aka Supermicro, La Brigade, Le Jouage, TTC, Charly Greane, Stan Smith ,ATK, Gravité Zéro, Rocé, Octobre Rouge, Cyanure, Puzzle, Freddy K, etc...
Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Rap_fran%C3%A7ais